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Anciens élèves - Annecy-le-Vieux - Poisy - Chavanod

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Contenu de la page : actualites_photos

Cette page recense les différents échanges et discussions que nous réalisons tout au long de l'année et que nous publions en intégralité. Si vous souhaitez, vous aussi, échanger sur quelques questions, n'hésitez pas à nous contacter en remplissant notre formulaire en cliquant ici.

Violaine MELLET, ancienne élève BTS Gestion forestière (1985)

est à votre écoute pour valoriser vos territoires...

Bonjour Violaine,

Nous avons découvert, sur ton site, de magnifiques images et reportages dont tu es l’auteur.
Qu'est ce qui a motivé cette carrière professionnelle?

Après le bac, j'hésite entre une carrière dans le social et une carrière dans l'environnement. J'ai choisi l'environnement en passant à Poisy un BTS Forêt (promo 1985). Ma jeunesse, notamment bercée par le scoutisme, a dû influencer mon orientation ! Mais je savais à peine reconnaître un chêne…
Alors, avec ce constat, quels ont été tes choix scolaires et pourquoi ?
Après mon BTS j'ai travaillé 1 an à l'IDF (Institut pour le Développement Forestier) dans le cadre d'une étude sur les gourmands des chênes. Puis j'ai voulu reprendre des études pour trouver plus facilement un emploi, pas uniquement forestier, et élargir mes compétences. J'ai fait une formation universitaire « Maitrise de sciences et techniques en environnement et aménagement régional » à Lille. "Après un BTS et une année professionnelle ce fut bizarre de se retrouver sur les bancs de l'école. Le manque de concret était flagrant".
Ensuite j'ai fait un DEA géographie humaine par correspondance durant la partie théorique pour suivre mon conjoint en Bretagne (job dans une coopérative forestière suite à une tempête) "Au fait il fait aussi partie des anciens de Poisy même promotion que moi. L'école de POISY ça rapproche". La partie pratique de mon DEA s'est faite en bureau d'étude qui gérait des boisements dans des golfs, des parcs privés, des zones urbaines et des espaces verts en général (études d'impact, travaux).
Tu parles d'études et conseil en environnement et gestion durable des espaces, valorisation de sites et plans d’interprétation, éducation et sensibilisation à l’environnement : qu'en est-il ?
C'est très varié. par exemple collaborer avec des personnes qui travaillent sur des projets touristiques en intégrant les attentes des clients et l'environnement, ou valoriser un site via l’interprétation du patrimoine (mobilier évocateur, livret, jeux, panneaux...) mais aussi de l'éducation en environnement, de la sensibilisation (cadre scolaire, périscolaire, loisirs,… ) par exemple pour faire comprendre aux enfants que le paysage est modelé par l'agriculture et qu'il est préférable de privilégier les circuits courts. La création d'outils pédagogiques et leur utilisation est une force de mon activité.
Concernant l'accompagnement de projet,  quelle est ta plus belle expérience ?
La création d'un chemin d'interprétation, du lancement du projet par l'idée de la collectivité jusqu'à l'inauguration, à Génelard en Saône et Loire. Des riverains croisés sur le chemin m’ont dit : "on est contents de payer des impôts quand ils servent à de tels projets"… ça fait plaisir à entendre !
Quel sont les raisons de tes choix de partenariat ?
Des raisons de complémentarité de compétences dans les projets. Le lancement de mon activité via la couveuse "Potentiel" (accompagnementau projet d'entreprise, qui permet de tester l'activité et de préparer la création) m’a aussi permis de constituer un réseau de partenaires.
Que voudrais-tu dire aux anciens de l'ISETA ?
Essayons d’améliorer l'image des activités professionnelles liées à la forêt en France. Faisons savoir que la plupart des forestiers connaissent et respectent les milieux naturels, et que si l’on abat des arbres c’est parce que le bois est une extraordinaire Que peux-tu faire pour les élèves ou les anciens de l'ISETA?
intervenir lors de mise en place de projets et leur conduite.
En quoi ce réseau des anciens peut-il t'aider ?
Coopérer avec des personnes aux compétences complémentaires et répondre à des projets en commun.
Ton avenir, comment le vois-tu ? Pourras-tu vivre de cette passion ?
La difficulté reste la partie commerciale, malgré la formation lors de la période en couveuse. J'espère développer mon chiffre pour en vivre. Affaire à suivre donc !

Merci Violaine.

Situation familiale : Violaine est mariée à un ancien de la promo 1985 en BTS forêt après un BTAG à POISY maintenant chef d'entreprise depuis 1 an en tant que sylviculteur en Bourgogne à proximité du Morvan. Il accueille un stagiaire de l'ISETA pour la première fois cette année.
Trois enfants font aussi partie de cette famille qui vit en Saône et Loire.
Elle a créé "L'esprit du Lieu-Conseil" en 2013.

Retrouvez L'Esprit du Lieu Conseil sur Facebook

Rencontre avec Guillaume Collombet, Photographe-cinéaste de montagne

Guillaume, ancien BTSA Gestion Forestière et BTSA Gestion et Protection de la Nature

Bonjour Guillaume.
Nous avons découvert, sur ton blog, de magnifiques images et reportages dont tu es l’auteur.
Depuis quand observes-tu la nature ainsi ?

La nature, c’est une histoire de passion qui a rythmé mon enfance en montagne. Dès mon plus jeune âge, je savais que je voulais travailler au contact de cette nature…
J'aime attendre, caché dans l’obscurité... Attendre, que l’aube se lève, pour saisir la lumière, et la vie sauvage qui s’agite ici.
Je ne compte plus les jours ni les nuits passés en montagne, à disparaître du paysage, pour voir sans être vu.

Alors, avec ce constat, quels furent tes choix scolaires et pourquoi ?
Je me suis orienté vers un Bac S option biologie écologie, car je pensais que c’est celui qui m’ouvrait le plus de porte pour la suite.
Mais après le bac, je ne me voyais pas partir dans de longues études théoriques.
J’ai donc intégré Poisy pour le BTS Gestion forestière, tout en sachant qu’au bout de deux ans, j’aurais déjà un diplôme si je souhaitais arrêter, mais je pourrais aussi continuer.
Et c’est tout naturellement que j’ai poursuivi avec le BTS Gestion et protection de la nature et la licence d’aménagement du territoire.

Mais tu n’es pas resté dans un horizon professionnel classique, pourtant bien dégagé par ce beau cursus scolaire…?
Non, en effet, mais depuis une dizaine d’années, une passion me dévorait. Dès que j’avais du temps libre, je partais seul en montagne, pour faire de la photo animalière.
Marcher, ramper, escalader, approcher, se cacher et attendre, pour essayer d’immortaliser l’instant.
J’ai appris au fil des ans à maîtriser le monde du camouflage pour saisir des petits instants de vie sauvage dans leur intimité.
J’ai appris à connaître aussi la réaction des animaux. Car la règle d’or en photo animalière c’est de ne pas déranger !
Il faut savoir s’arrêter avant d’aller trop loin, et ne pas tenter une approche si on risque de faire fuir les animaux.

Et par n’importe quelle météo ?
Jour de pluie où les gouttes d’eau scintillent sur la végétation.
Jour de brume où les animaux ne sont plus que des silhouettes qui bougent dans un univers feutré de gris.
Jour de givre, où le froid épuise la batterie de l’appareil photo.
Jour de neige, où la tempête qui me fouette le visage donne une intensité incroyable aux images…
J’aime me plonger dans ces instants, et essayer d’en faire ressortir toute l’ambiance. Au-delà de la photo documentaire, je recherche plutôt les traits artistiques et les atmosphères sauvages.

Tu pratiques donc cette passion en toutes saisons ?
Mais oui, chaque saison j’ai mes rendez-vous, dans un rythme dicté par la nature : combats de bouquetins, parades de tétras-lyres, naissances des chevreuils, brame du cerf,…
Et toujours la nature nous surprend, pour peu qu’on prenne le temps de s’y perdre.

Et comment mieux découvrir toutes ces belles rencontres ?
Je vous invite à les découvrir sur mon nouveau site : http://www.guillaumecollombet.com/

Tu as intégré un Master assez particulier. Peux-tu nous dire pourquoi et en quoi consiste cette nouvelle étape ?

À travers des expositions et des projections, j’ai rencontré un public qui m’a conforté dans cette passion.
J’ai alors intégré à la suite de Poisy un Master unique en Europe : "réalisation de documentaire animalier", où j’ai pu réaliser mes deux premiers films !
Les formations précédentes m’ont permis d’acquérir de bonnes connaissances naturalistes, indispensables pour cette filière.
En parallèle du Master 2, j'ai obtenu un diplôme universitaire en photographie animalière et reportage nature.
Ma présentation a du séduire le jury composé de professionnels de l'image, car j'ai été major de promo avec un article sur les cabris de bouquetins qui grandissent dans les rochers, au-dessus de centaines de mètres de vide.
Faire des photos qui donnent le vertige, ce n'était pas facile, mais ça valait le coup d'essayer !

(Pour info : Master réalisation de films documentaires animaliers et diplôme photo : www.iffcam.net  - Ecole de Cinéma Animalier).

Des réalisations, des projets ?
Mes deux courts métrages ont réussit à séduire le grand public, comme le public professionnel. Alors j'aimerai monter un projet de film dans les Alpes, et le faire vivre ensuite en ciné-conférence, en assurant des projections aussi bien dans les stations de ski que dans les petits villages de montagne ou les refuges.
Côté photo, une idée de livre me trotte depuis longtemps dans la tête…

Ton avenir, comment le vois-tu ? Pourras-tu vivre de cette passion?
Mon avenir se précise petit à petit, et je me laisse encore le plus de choix possible.
J’ai pris le statut d’auteur-photographe depuis l’été 2011, et j’ai déjà pu travailler avec quelques magazines.
Après mon passage à Poisy, j’ai aussi gardé un très bon contact avec mes anciens camarades de classe, dont certains travaillent dans les espaces naturels et sont demandeurs d’images pour la communication autour de l’environnement.

Mais je reste réaliste, et peut-être que je n’arriverai pas à en vivre pleinement…
En tout cas, je crois que ça vaut vraiment le coup d’essayer, de s’accrocher et d’aller au bout de ses rêves !
La photo, le cinéma, et ma passion pour la nature et la montagne peuvent se compléter, par exemple en créant des stages photo/vidéo, en réalisant des films, en assurant des reportages pour les magazines, en faisant des animations dans les zones touristiques, et en étant présent sur les nombreux festivals de nature…
Avoir plusieurs cordes à son arc, c’est déjà un bon départ !

Mais je ferais tout pour que ma quête de l’image de nature reste avant tout une belle passion… Dont il faut savoir savourer les longs moments d’attente dans le froid !

Affaire à suivre donc !

Merci Guillaume…
et encore Bravo !
Olivier PARIS

Nous vous présentons ici quelques liens pour découvrir l'excellent travail de Guillaume, et nous vous présenterons, dans notre agenda, des infos sur ses prochaines expositions :

Découvrez une vidéo de Maurienne TV contenant une interview de Guillaume.

Un portfolio a été consacré à Guillaume et à son travail, dans les premières pages du magazine 'Image & Nature' n°45 qui est paru en octobre 2011.

Pour contacter Guillaume directement:

ou consulter son blog...

Eric, au Costa Rica après un tour du monde en vélo...

Un forestier pas comme les autres !! (10/2012)

Buenos Dias Eric !
Après une discussion avec Claude Querat, notre incontournable documentaliste du CDI de Poisy et la lecture de ton livre  "Voyager à vitesse humaine" (Editions Cléa), notre curiosité s'est éveillée et nous nous permettons donc ces quelques questions pour en découvrir plus sur ton étonnant parcours. Merci de nous avoir accordé quelques instants en direct du Costa Rica...

Quand t'es donc venu ce rêve de faire le tour du monde ?
Dès l’age de 14 ans lorsque, en face de mon petit écran « le couple Hervé » invité ce jour sur le plateau de l’émission « la marche du siècle », racontait leur 14 ans de voyage à vélo !!
Quelques année plus tard, j'entamais ma formation de forestier au sein de l’école forestière de Meymac puis de Poisy.
Mes camarades se rappellent encore des quelques confidences faites au sujet de mon projet de voyage à vélo autours de la planète !

Mais, après ta formation à Poisy, tu as travaillé dans le bois avant de réaliser ce rêve ?

Oui, je me suis forgé une expérience professionnelle durant six ans au sein de la société forestière de l’est (SOFOEST) puis de la coopérative forestière de Villefranche (COFOVE).
Ma passion pour la haute montagne, le ski extrême, le par alpinisme m'ont permis de me tester physiquement et moralement.

Et alors, le choix du changement de vie ? A quelle date ? sous quelles conditions ?

Le 7 janvier 1996, à l’age de 27 ans, après avoir pris le soin de démissionner, car une année sabbatique ne me suffirait sans doute pas, je me suis envolé pour Los Angeles (Etats-Unis).
En fait, avant mon départ, j'avais « tout » pour être heureux mais mon bonheur a moi, il était différent, pas franchement matérialiste comme bon nombre de mes compatriotes !!

Tu avais déjà beaucoup voyagé en vélo avant ce grand départ ?

Non! Je n’avais jamais voyagé à vélo avant d’arpenter les grands boulevards de Los Angeles !!
Mon voyage était planifié pour 3 ans mais il aura finalement duré 6 ans parcourant plus de 100 000 Km à vélo à travers 70 pays, sur les cinq continents !!
(Vous pouvez visiter le site www.internatura-frcr.com pour en savoir plus)

Et alors, tes impressions à ce moment ?
Je suis revenu complètement ébloui par tout ce que j'avais vu et surtout vécu ; en rentrant au pays, j'avais bien du mal à croire ce que racontaient les médias. Je m'étais forgé ma propre opinion.
Très positif à mon retour, j'ai alors cru que j'allais pouvoir parfaitement me réadapter dans mon pays natal mais né-ni; après quelques mois seulement, j'ai compris qu’il fallait que je m'expatrie pour vivre pleinement ma vie !

Et comment choisir où repartir, vu le grand nombre de destinations déjà accomplies?

En repensant à tous les continents et les pays que j'avais traversé, j'en ai conclu que je me verrais bien vivre au Chili, en Amérique Latine.
Entre temps, je fus invité à écrire mon récit de voyage (Voyager à vitesse humaine – Editions Cléa) par un ami que j'avais connu lors de mon passage au Costa Rica.
Durant ces 3 mois d’immersion je tombais amoureux d’une forestière Costaricienne... et du Costa Rica.

Et c'est donc là que tu décidas de poser définitivement tes valises ?

En effet, finalement, le destin m’a conduit à m’installer sur mon continent de prédilection : L’Amérique Latine !
Depuis 2002, je vis très heureux dans mon pays d’adoption : Le Costa Rica.

Et tu as repris ton métier dans les forêts d'Amérique Latine ?

En fait, non. Je n'ai pas repris mon activité de forestier car je n’ai pas senti d’opportunités dans le domaine de la forêt tropicale.
Mais mon désir très fort de partager ma joie de vivre et ma passion d’apprendre et de découvrir m’ont conduit à créer ma petite entreprise dans le domaine de l’écotourisme.

Ah bon !  En quoi cela consiste-t-il exactement ?
Je propose des voyages qui sortent de l’ordinaire du fait de ma connaissance du pays et des relations particulièrement amicales que j'ai liées avec les partenaires avec lesquels je travaille.
Mon but étant que les visiteurs que j'accueille repartent enchantés de leur séjour et enrichis par tout ce qu’ils auront découvert et appris au contact des Costariciens.

Belles perspectives !
J'ai bien compris que je ne pourrais pas changer le monde mais, qu’à mon petit niveau, je peux apporter ma pierre à l’édifice.
Je favorise donc les structures touristiques gérées par des Costariciens et je prête attention à ce que les endroits visités aient une vision de la gestion durable des ressources.
Bien sur, l’humanisme fait partie de mes valeurs et je me rapproche donc de partenaires partageant les mêmes valeurs.

Et en conclusion, des regrets ?
Non ! Aucun ! Je me sens comblé par la vie et je n’hésite pas à l’exprimer !
Mon expérience démontre que si l’on en a le goût, l’envie et la volonté on peut gérer sa vie comme on l’entend et s’épanouir dans un bonheur immatériel.

Mille mercis, Eric, de nous avoir accordé ces quelques instants. Ton expérience et ton histoire sont vraiment passionnantes et je conseille vivement la lecture de ton ouvrage.

Merci Olivier. Je peux te proposer, lors de l’un de mes séjour en France, de venir donner une conférence sur le Costa Rica ou sur mon tour du monde à vélo.
Il serait également génial de pouvoir accueillir, un jour, un groupe d’étudiants, ici, au Costa Rica.
Salutations Tropicales et amicales.
Eric Gay

Superbes idées !!! Nous travaillerons donc dans ce sens, avec l'ensemble des équipes de Poisy-Chavanod et, en attendant ces futures rencontres, nous te saluons bien, depuis notre 'lointaine Haute-Savoie'.
Pour l'Association des Anciens Elèves, Le Président, Olivier PARIS

02/2011 - MAJ 10/2012

A Frangy (Haute-Savoie) une exploitation tournée vers l'environnement

Discussion avec Isabelle Pellegrini, Bac D' 1987, BTSA TAGE 1989 (Printemps 2013)

Depuis 1991, Isabelle Pellegrini , Jean-Yves Pascal et Gérard Barril sont associés au sein du GAEC des Chardonnerets à Frangy, en Haute-Savoie.
Au programme : lait de haute qualité, séchage du foin en grange et lien étroit avec l’apiculture.

En quoi consiste votre métier ?
Isabelle Pellegrini : Nous sommes agriculteurs sur une exploitation de polyculture-élevage.
L’objectif final est la production et la vente de lait : pour ce faire, nous avons un troupeau de Montbéliardes constitué de 75 vaches laitières et de 75 génisses pour le renouvellement.
Le terme de « polyculture » signifie que nous produisons, sur nos 156 hectares de surface agricole, l’essentiel de l’alimentation du troupeau.
La majorité des cultures est d’ailleurs constituée de prairies pour le pâturage et le foin, car la qualité du lait est intimement liée avec la nourriture des vaches.
Or, comme dans beaucoup d’exploitations de Haute-Savoie, notre lait est destiné à être transformé en fromages AOP et IGP (tomme de Savoie, raclette de Savoie et emmental de Savoie), dont les cahiers des charges sont très stricts.
Les intrants doivent notamment être limités.
Nous ne traitons donc les cultures que lorsque que c’est indispensable.
C’est mieux pour la nature, le lait et la santé financière de notre exploitation car les traitements coûtent cher.

On est très loin d’un système intensif !

Pourquoi faites-vous sécher le foin en grange et non dans les champs ?
Toujours pour obtenir un lait supérieur.
En effet, ce système permet non seulement de faucher plus tôt au printemps, quand l’herbe est plus riche d’un point de vue nutritif, mais aussi de réduire considérablement le temps de séchage au soleil.
On obtient un foin d’une excellente qualité, ce qui diminue de façon drastique les compléments alimentaires des vaches en hiver.
Concrètement, le foin est récolté en vrac grâce à une autochargeuse, puis disposé dans la grange de séchage, sur des caillebotis en bois. Il est séché par de l’air réchauffé et soufflé par des ventilateurs, en partie alimentés grâce à l’air chaud issu de l’isolation du toit : le soleil n’est plus utilisé dans le champ, mais dans le bâtiment !
Cette isolation est également une source de bien-être pour les vaches, tant en hiver que pendant les grosses chaleurs estivales.
Bref, on fait des économies, les bêtes se portent mieux, le lait est de meilleure qualité : tout le monde y gagne.

Autre originalité de votre exploitation : vous vous êtes lancés dans la culture de plantes permettant aux abeilles de produire du miel. De quoi s’agit-il ?
Mon associé et époux, Jean-Yves Pascal, a toujours été passionné par les abeilles.
Or, les apiculteurs accusent souvent les agriculteurs d’être responsables de la surmortalité de ces dernières.
Il a donc développé, il y a deux ans, un projet collectif d’implantation de cultures mellifères (tournesol, moutarde et phacélie) pour nourrir les abeilles, notamment en septembre et octobre, quand elles n’ont pas grand chose à butiner.
Elles peuvent ainsi constituer leurs réserves pour l’hiver.
On parle de cultures « dérobées » car on ne les fait pousser que dans les intervalles entre les cultures principales.
L’intérêt pour les agriculteurs est important : les sols ne restent pas nus pendant la période automnale, ce qui évite l’érosion, maintient l’humidité grâce à la décomposition des plantes et assure un apport naturel en azote.
Avec l’appui du Conseil Général de la Haute-Savoie qui a financé les graines, on a réussi à convaincre d’autres agriculteurs de se lancer dans l’aventure, en leur expliquant que sans pollinisation, il n’y a plus de cultures possibles.
Cette année, nous comptons 500 hectares de cultures mellifères dans le département et nous travaillons toujours au rapprochement entre agriculteurs et apiculteurs.
Nous communiquons également auprès du grand public en mettant des panneaux autour des champs, magnifiques au moment de la floraison.
C’est une grande réussite et nous espérons continuer dans cette voie !

Pour plus d'infos, vous pouvez contacter:
Pellegrini Isabelle, Pascal Jean-Yves et Barril Gérard
GAEC Les Chardonnerets – 74270 Frangy

Stanislas et sa passion de la pêche.. suite

De retour en France, après le Yucon, Stanislas nous parle de son parcours...

Bonjour Stanislas,
Suite à ta dernière interview de 2011 (voir ci-dessous)  nous revenons donc prendre de tes nouvelles pour découvrir tes nouvelles activités.
Peux-tu nous parler de ton retour en France?

Après 2011, en revenant du Canada, j'ai décidé de me lancer dans mon entreprise de création de mouches de pêche, mais j’ai du faire face à la réalité de la mondialisation… 99% des mouches de pêche sont confectionnées dans des pays ou la main d’œuvre à un cout très faible (notamment Kenya et chine).
Un français seul est passionné ne peut pas lutter !
Mais j’ai pu faire mon expérience, pour me rendre compte que c’est face au mur que l’on voit le mieux le mur !
Je garde cette activité (NDLR: info dans notre rubrique actu) mais j'ai aussi décidé de retourner dans le monde de l’aquaculture, car il me fallait un job en contact avec les poissons, de près ou de loin…

Et c’est justement par le réseau du lycée de Poisy que j’ai remarqué une annonce pour un emploi consistant à mener des expériences sur l’élevage extensif du sandre.
J’ai donc travaillé un an pour la FLAC (filière lorraine d’aquaculture continentale), afin de réaliser des expériences sur la densité d’élevage du sandre en bassin.
Le sandre est un poisson au fort potentiel économique et gastronomique, et la FLAC avait engagé des travaux sur cette espèce.
J’ai donc apporté ma pierre à l’édifice des connaissances sur l’élevage du sandre, en déterminant une densité optimale d’élevage pour les juvéniles de sandre en bassin.
Ce travail d’expérimentation ne durait que un an, j’ai donc du anticiper la suite de mes projets.

En baignant dans le percidé (poissons de la famille des perches et des sandres) tous les jours, j’ai pu établir des contacts avec des personnes pratiquant l’élevage de cette espèce en circuit fermé.
C’est un milieu très pionnier, car seulement une poignée d’entreprises dans le monde maitrisent l’élevage de la perche et du sandre de l’œuf au filet…

Par chance, on compte deux entreprises de production de percidés en circuit fermé en Lorraine.
J’ai donc réussi à me faire embaucher en tant que technicien d’écloserie dans une de ces entreprises.

Et mon travail à l’heure actuelle me passionne encore plus que tout ce que j’ai pu faire qui touche aux poissons !

La perche et le sandre sont des poissons fascinants, que ce soit du point de vue de la croissance, du comportement ou de la gastronomie.
C’est un milieu très porteur, car le marché est extrêmement demandeur en filets de perche, c’est un milieu qui ne va pas connaitre la crise les dix prochaines années !
Cependant le challenge de l’élevage des percidés en circuit fermé est de taille. Nous maitrisons à l’heure actuelle le cycle d’élevage complet de la perche eurasienne, de l’œuf au filet.
Mais tout cela nécessite une rigueur constante et un travail de fourmi. Depuis la synchronisation des pontes de perche, la culture d’artémias qui serviront à nourrir les larves, jusqu’a l’adaptation des aliments en fonction de l’âge, ou la gestion de la lumière et de la température… Et surtout la maitrise constante globale du circuit fermé, qui demande des compétences dans de nombreux domaine, de la biologie à l’électricité, en passant par des travaux physiques, de la réflexion, de l’hydraulique, voir même de la chimie !

Le circuit fermé est l’avenir de l’aquaculture, en termes de développement durable et de rentabilité.
Même si nous pensons maitriser notre système a l’heure actuelle nous avons encore des montagnes de choses à apprendre sur l’élevage des percidés, car en 2013 nous travaillons sur des poissons qui sont quasiment a l’état sauvage (en comparaison aux salmonidés qui ont des centaines d’années de domestication…).
Le prochain challenge est donc la maitrise complète du cycle de production du sandre, de l’œuf au filet. Le sandre est un poisson subtil, imprévisible, fragile, mais au potentiel impressionnant. La maitrise de sa reproduction demande beaucoup de finesse et des connaissances pointues en biologie…
Nous travaillons dessus l’heure actuelle, et les premiers résultats sont très encourageants.

Donc pour l’avenir : des percidés et du circuit fermé !
Mais je consacre également une grande partie de mon temps libre au montage de mes mouches, car j’élève des percidés, mais quand je suis au bord d’une rivière, j’ai besoin de mouches efficaces pour traquer les salmonidés !

Merci Stanislas... et Bonne Pêche!!!
 

Heïdi, jeune glaciologue passionnée... qui a déjà beaucoup voyagé...

Heïdi Sevestre, Bac S à Poisy puis 3 années à l'I.E.R...

Bonjour Heïdi,
Nous profitons d'une intervention devant les élèves de l'école (lien web ici) pour te poser quelques questions. (et en préambule, nous conseillons la lecture de ton très beau blog - lien en fin d'article).

Peux-tu nous rappeler comment a commencé ton parcours à Poisy ?
Bien sûr. Après le collège, je souhaitais m’orienter vers des études en lien avec l’environnement, le lycée agricole de Poisy s’est alors imposé.
J’étais particulièrement attirée par la singularité des études proposées, notamment le bac STAE (à l’époque !).
Mon cursus s’est en fait poursuivi par un bac S option biologie-écologie.

Et après le Lycée de Poisy ?

Suite au lycée, et après de nombreuses hésitations sur le chemin à prendre, j’ai intégré l’école IER à 200m du lycée pour trois ans. J’ai essayé de tirer de la spécificité du programme IER, le maximum, afin de mettre le cap sur des études en glaciologie.
Ainsi, lors de ma première année, j’ai effectué un stage d’un été sur l’étude du glacier de Trient dans le massif du Mont-Blanc.
En seconde année, avec l’aide de l’équipe administrative, j’ai travaillé à la mise en place d’un partenariat avec l’université la plus au nord du monde, UNIS sur l’archipel norvégien du Spitzberg, dans laquelle je resterais 6 mois en troisième année.
S’en suivent 6 mois à l’université Lyon 3, et un stage de 3 mois au laboratoire EDYTEM (Environnements et DYnamiques des TErritoires de Montagne) avant de prendre la décision de quitter prématurément l’IER afin de partir dès la fin de la licence dans le master de mon choix.
Suite à ces nombreuses expériences IERiennes j’ai décidé de me lancer pleinement dans des études en glaciologie.

Es-tu restée sur le territoire français ou as-tu voyagé un peu?
Ce domaine étant très spécialisé, et souhaitant garder une ouverture sur l’international, je suis partie faire un Master de Sciences en Glaciologie (MSc Glaciology) à l’université galloise d'Aberystwyth.
Ce master a été une fabuleuse expérience tant au niveau scolaire qu’humaine.
J’ai particulièrement apprécié la qualité de l’enseignement à Aberystwyth, le support qu’apportent les professeurs aux étudiants et l’ambiance de travail et d’entraide entre les étudiants.
Nous étions une petite classe de 6 étudiants, tous passionnés de milieux extrêmes et d’environnements glaciaires.
Le master au Royaume-Uni ne dure qu’un an, alors qu’en France il faut 2 années pour obtenir le diplôme, un avantage non négligeable!

Et après ce master, quels autres projets ou réalisations?
Suite à ce master j’ai décidé de prendre une année de « relâche » afin d’avoir le temps de postuler à des thèses en glaciologie.
J’ai également pu intégrer deux expéditions de recherche en glaciologie, organisées par l’université d’Aberystwyth : au Népal en octobre-novembre 2010, et au Groenland en avril-mai 2011.
Et ensuite pendant l’été 2011 j’ai effectué une étude des phénomènes gravitaires sur le Grand Couloir sur la Voie Normale du Mont-Blanc, commissionnée par la fondation Petzl et encadrée par le cabinet d’ingénieur Alpes Ingé. Les résultats de ce projet sont maintenant disponibles sur le site internet de la Fondation Petzl : http://www.fondation-petzl.org/suivi-et-analyse-des-chutes-de-blocs
Après de nombreuses pérégrinations administratives j’ai été acceptée en thèse à UNIS au Spitzberg, là où j’avais réalisé mon semestre ERASMUS.
Un rêve devenu réalité ! J’ai commencé la thèse en Octobre 2011 et si tout se passe comme prévu, je la terminerai en octobre 2015.

La vie dans l’arctique est absolument unique, et c’est un paradis pour les glaciologues en herbe comme moi.

A ce sujet, dans le cadre de la semaine du développement durable, une conférence sur les glaciers et le réchauffement climatique a été proposée à près de 170 élèves du site de Chavanod, en 2011.
Tu animais cette conférence. Qu'en as-tu retenu? Les élèves semblaient-ils intéressés? Ce rôle de conférencier t'a-t-il plu?

L’intervention sur les glaciers et le réchauffement climatique devant les secondes et premières du lycée agricole de Chavanod s’est formidablement bien passée !
Les élèves ont été curieux et se sont montrés sensibles et intéressés aux problématiques de changement climatique et de son impact sur la cryosphère.
Ce fut une très bonne première expérience pour moi, que j’espère avoir l’occasion de réitérer de nombreuses fois...

Et pour revenir à ton passage sur le Lycée. Que retiens-tu de tes années lycée?
Je garde du lycée le souvenir d’une atmosphère très famille et également un bon encadrement des lycéens par une équipe enseignante dynamique et sympathique. Sans oublier le paysage spectaculaire du lac d’Annecy et des belles montagnes de Haute Savoie. Un excellent souvenir !

As-tu gardé des contacts avec des collègues de promos ou d'internat?
Bien sur, j’ai encore des contacts avec nombreux de mes anciens collègues du lycée, les réseaux sociaux aidant à garder le lien!

Que dirais-tu à nos jeunes encore scolarisés, tentés, comme toi, par la glaciologie? Quels conseils pourrais-tu leur prodiguer?
La glaciologie est avant tout une histoire de passion.
Il faut en vouloir pour y arriver, la persévérance est la clé.
L’important est aussi de multiplier les expériences dans ce domaine au travers des stages, ou des programmes d’échange à l’étranger type ERASMUS.
La glaciologie est un petit monde où tout le monde se connaît, se tisser un réseau est essentiel pour espérer y faire carrière!

Très belle conclusion Heïdi !
Et ce réseau dont tu parles, nous espérons bien pouvoir, le plus souvent possible, en être un des maillons de base en faisant le maximum pour faire vivre cette Grande Famille des anciens de l'école; source d'échanges, d'expériences, de contacts et d'aventures humaines...
Bonne continuation dans tes passionnantes missions.
N'oublie pas de nous donner des nouvelles...
Bien amicalement
Olivier

 

Entretien avec Thomas Poussier, ancien élève BTSA ACSE 1999...

... qui a été ordonné prêtre ce 1er juillet 2012...

Thomas, bonjour,
Vous avez passé 5 années sur le site de Poisy, avant de nous parler de vos souvenirs à l’école, pouvez-vous résumer votre parcours depuis votre sortie de Poisy?

Après avoir fini mon BTS ACSE en 99, je suis descendu en Provence pour y suivre des études de droit.
Au départ, cela devait être une simple continuation des quelques enseignements juridiques reçus dans mon BTS, mais ce fut un vrai coup foudre pour le droit… j’en ai d’ailleurs fait 6 ans !
C’est parallèlement à mes études que j’ai commencé, petit à petit, à avoir la foi, et en 2003 j’ai demandé à faire pleinement partie de l’Eglise que j’aimais de plus en plus ; j’ai alors reçu la première communion et la confirmation.
L’appel à devenir prêtre, pour le moins inattendu, est venu ensuite.

Comment avez-vous discerné cet appel pastoral?
Peu de temps après avoir été confirmé, j’ai ressenti un véritable choc, une question qui s’ « imposait » à moi : « pourquoi ne deviendrais-tu pas prêtre ? »…
Passé le choc, j’ai décidé, en mon âme et conscience, de répondre ‘non’ à cette proposition, et de continuer ma vie, mon travail qui commençait sur Paris.
Mais deux ans plus tard le Christ est revenu à la charge, si j’ose dire, et c’est là, dans la paix que j’ai eu la joie de dire ‘oui’, et de rentrer quelques mois plus tard en formation pour devenir prêtre, au Séminaire saint Luc d’Aix-en-Provence.

Quel a été votre plus beau souvenir du séminaire?
Outre certains cours de théologie qui faisaient vraiment avancer ma compréhension de Dieu, mes meilleurs souvenirs sont, sans aucun doute, les pèlerinages vécus au long des six années de formation, en Terre Sainte, à Rome, et aussi en Haute Savoie, sur les traces de saint François de Sales.
Grâce à ce retour aux alentours d’Annecy j’ai découvert des lieux à côtés desquels j’étais passé de nombreuses fois sans y prêter attention !

Et votre plus mauvais?

Jocker ! … Peut être le fait d’avoir dû restreindre mes sorties cinéma!

Nous avons entendu parler de votre ordination diaconale. En quoi cela consiste-t-il?

C’est une messe durant laquelle on est ordonné diacre, serviteur.
L’évêque, au nom de l’Eglise, dit une prière particulière et m’impose les mains sur la tête pour m’ordonner, c’est-à-dire pour me configurer au Christ Serviteur.
Je suis alors uni à un diocèse (celui d’Aix-en-Provence), et l’évêque m’envoie ensuite en mission.

Pouvez-vous nous parler de la Paroisse de Martigues, dont vous êtes au service en ce moment?
C’est une paroisse de 50.000 habitants, mais dont la pratique n’est pas très élevée!
Martigues est une belle ville, avec des canaux, et elle a un beau surnom, la « Venise Provençale ». Les gens y sont très accueillants, et les chrétiens sont certes peu nombreux, mais très actifs dans la vie de la communauté et de la ville, tant les plus jeunes que les plus âgés.

La paroisse de Martigues possède un blog très vivant. Comment est-il animé? Par qui?
Depuis deux ans, un paroissien a pris en main la communication de la paroisse, notamment en animant un blog, qui permet aux paroissiens de suivre les actualités de la vie paroissiale, mais aussi, pour les gens de passage, de trouver les informations essentielles (horaires de messe, inscriptions pour un baptême ou un mariage).
C’est un blog très réactif, souvent les homélies sont à peine prononcées qu’elles sont déjà en ligne !

Vous avez été ordonné prêtre au début de ce mois. Pourquoi ce choix? Comment s'est déroulée cette célébration?
Le désir d’être prêtre a motivé mon entrée au séminaire, et je m’y suis préparé depuis bientôt 7 ans.
C’est une réponse libre et joyeuse à cette proposition que m’a fait le Christ de servir son Eglise.
Etre prêtre, c’est manifester d’une manière particulière la présence de Dieu au milieu des hommes.
La mission du prêtre est notamment d’annoncer que la vie est plus forte que la mort, que le beau et le bien valent qu’on se batte pour eux, et qu’il y a toujours une espérance, une petite flamme, qui brille dans la vie des hommes, même aux moments les plus sombres de leurs vies. C’est pour cette annonce de la Bonne Nouvelle (l’Evangile) que je veux donner ma vie.
Le 1er juillet dernier, à la cathédrale d’Aix-en-Provence, j'ai effectivement été ordonné prêtre.
C’est une célébration qui ressemble à l’ordination diaconale, avec quelques gestes supplémentaires, comme par exemple l’imposition des mains sur ma tête par tous les autres prêtres, un par un, qui m’accueillent ainsi dans la fraternité sacerdotale.

Que pensez-vous de la « pénurie de prêtres » actuellement?
Que l’on soit en Provence ou en Haute-Savoie, la pénurie des prêtres touche l’ensemble des paroisses. C’est un fait, mais, face à ce fait, faut-il baisser les bras?
Je pense au contraire que de cette situation est une occasion à saisir : d’une part pour que chacun, prêtre ou laïcs, prenne sa part de mission ; d’autre part pour trouver de nouveaux modèles d’organisations, pour inventer l’Eglise de ce XXIème siècle… cela ne veut pas dire tout changer, mais plutôt réinvestir la vie chrétienne avec des idées neuves, en s’appuyant sur ce que nous ont laissé nos ainés.
Et puis, cette situation est aussi une invitation, à la prière, pour demander des prêtres et pour que notre monde ait la foi, et une invitation à l’espérance, car Dieu sait ce qui est bon pour nous.

Merci beaucoup, cher Thomas, d'avoir trouvé un instant pour répondre, si vite, à nos questions.

Je commençais notre discussion par vos souvenirs de Poisy. Mais, pris par votre parcours, nous avons un peu oublié de parler de votre passage à l'école, souhaitez-vous dire quelques mots pour conclure?
Oui! Car mes 5 années passées à Poisy sont très importantes pour moi.
Poisy fut pour moi un lieu fondateur d'éveil à la vie dans toutes ses formes, et aussi un lieu d'apprentissage du "beau et dur" travail des agriculteurs.
Le temps du lycée et du BTS fut un temps très heureux, avec une belle vie sur le plateau, un peu à l'écart du monde, dans un climat serein et amical.
J'ai apprécié la qualité de présence et d'écoute des professeurs et des personnes qui prenaient soin de nous à l'internat. Aujourd'hui, c'est un peu loin (pensez, on faisait la queue devant les cabines téléphoniques !), mais souvent lorsque je vais à la campagne, j'ai un battement de coeur particulier qui monte jusqu'au plateau de Poisy !"

Merci Thomas. Nous reprendrons contact prochainement pour des nouvelles de ce nouveau chemin.

Recevez toutes nos amitiés.
Pour le bureau des Anciens Elèves,
Le Président, Olivier Paris

 

Pour info, la vidéo de la première messe de Thomas...

Stanislas et sa passion de la pêche.. et des voyages...

Ancien Etudiant en Licence Professionnelle en Aquaculture

<02/2011>
Bonjour Stanislas FREYHEIT,
Nous nous permettons de te déranger dans ton magnifique Yukon pour en savoir un peu plus sur ton dynamique parcours aquacole.
Merci de nous avoir accordé quelques minutes.

Peux-tu, tout d'abord, te présenter en quelques mots ?
Je suis originaire de Epinal, dans les Vosges,.
Concernant mes études, j'ai d'abord fait un IUT Génie de l'environnement, pour ensuite enchaîner sur une licence professionnelle en aquaculture.

Tu as cette passion de l'aquaculture depuis longtemps?
Je suis passionné par la pêche à la mouche depuis mon plus jeune âge, donc j'ai essayé de réaliser tous mes stages dans des lieux liés à l'écologie, et notamment à la gestion des rivières.
J'ai réalisé mon stage d'IUT dans une écloserie de saumons sauvages en Ecosse, plusieurs stages dans des fédérations de pêche en France, où j'ai notamment fait un travail de scalimétrie sur les Ombres Communs, avec la fédération de pêche des Vosges.

Je crois que tu as beaucoup voyagé et découvert le monde?
J'ai dédié la majorité de mon temps libre aux voyages de pêche...
J'adore découvrir de nouvelles rivières et de nouvelles cultures...
A peine revenu d’Écosse en 2007, je parle Anglais couramment et me rends compte que j'adore les langues étrangères.
J'apprends donc à parler la langue mongole pendant 6 mois pour aller vivre pendant 1 mois, seul, chez les nomades aux confins de la Mongolie et pêcher dans de somptueuses rivières... expérience inoubliable!!!
(récit en ligne sur mon site www.frenchflies.org)

Et ensuite, d'autres pays découverts?
Oui oui. L'année d'après ce sera la Laponie Suédoise, puis l'Irlande...
Ensuite, je retournerais travailler en Ecosse quelques mois...
Puis ma licence se finit en 2010, donc pour joindre l'utile à l'agréable, je vais travailler à Icy Waters, pisciculture d'Omble Chevaliers, située au Yukon (Canada).

Cet emploi est-il facile, avec les conditions météorologiques du Yukon?
Travailler ici est une expérience originale, mais rude !
Originale, car très peu de personne élèvent les ombles chevaliers en gros tonnage... C'est un poisson qui a besoin d'une eau très froide...
Rude, car la température moyenne en hiver est de -20°C, il commence à faire froid à partir de -30°C, et très froid à -45°C!
Le travail au bord des bassins se transforme donc en lutte contre la glace...
L’épuisette se transforme en cuillère de glace, il faut casser des couches de glace sur les tanks pour que les granulés arrivent dans l'eau...
Constamment nourrir et surveiller les poissons... se réveiller à 3h du matin, et sortir par -30°C pour mettre la main à la pâte si une alarme se déclenche...

Dur, Dur, en effet !
Oui! Mais la récompense, c'est de travailler dans les immenses forêts du Yukon, avec les aigles pêcheur qui tournent au dessus de votre tête, et de se savoir entouré par les ours, les loups ou les wolwerines...
Sans parler des aurores boréales, et de tout le folklore du Yukon, de la ruée vers l'or, en passant par les chiens de traineau...

Et pourquoi ce choix du Canada?
Le choix du Canada?... simplement pour découvrir un autre pays, et parce que les formalités sont assez simples (il suffit de trouver une entreprise et de prendre un Permis Vacances Travail), mais surtout pour parler anglais!
Puis aussi pour essayer un mode de vie assez original, on n'a pas tous les jours l'occasion de pêcher sous la glace, faire de la motoneige, ou voir des ours!...
Il faut aussi préciser qu'ici, on produit un poisson excellent, à la chair très fine, car la croissance est très lente dans nos eaux glaciales...

Qu'est ce qui te plait vraiment en travaillant pour l'aquaculture? As-tu un message particulier?
Je suis fier de travailler pour l'aquaculture, car je pratique toutes mes pêches en "No kill".
Je pense qu'a l'heure actuelle, il faut se nourrir des produits issus de l'aquaculture, qui sont de véritables "alicaments", bourrés d'omega 3 et de vitamines, et conserver nos populations de poissons sauvages, dédiées à la pêche de loisirs.

Comment ta formation à Poisy a-t-elle été perçue outre-atlantique?
Mes compétences ont été très bien accueillies, car l'Ecole d'Agriculture de Poisy a établi une convention avec notre entreprise, donc elle fournit régulièrement des jeunes pisciculteurs francais qui ont envie d'une expérience hors du commun !
Une initiative très pertinente pour ouvrir l'esprit des jeunes Francais!

Et ton accueil par la population locale?
J'ai été très bien accueilli au Yukon, même si c'est une région largement moins francophone que le Québec, par exemple.
Les gens sont très chaleureux, et leur style de vie, proche des trappeurs, est très plaisant !

Quels sont tes projets pour la suite?
Me rapprocher encore plus de ma passion, la pêche à la mouche, en créant mon entreprise de vente de mouches de pêche en France, puis encore des voyages...
Explorer les rivières des Carpates en Roumanie, retourner en Mongolie, découvrir le Kirghizstan, la Patagonie...
Tout est possible!

Merci, bravo pour ce beau parcours, bonne continuation et à bientôt, Stanislas.
Février 2011

Nota 1 : Le Yukon est un territoire fédéral du Canada.
Situé dans la partie nord-ouest du pays, à la frontière avec l'Alaska, le Yukon mesure environ 480 000 km2, ce qui en fait le plus petit des trois territoires canadiens (après le Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest) ; il est également plus petit que six des dix provinces du pays. Il tire son nom du fleuve Yukon.
Le Yukon a été créé en 1898 à partir de la région occidentale des Territoires du Nord-Ouest afin de répondre à la croissance de la population lors de la ruée vers l'or du Klondike.
En 2009, il compte 31 530 habitants, ce qui en fait la deuxième entité la moins peuplée du Canada, juste devant le Nunavut. Sa capitale est Whitehorse.


Nota 2 : Le joli poisson coloré est un omble chevalier " artic charr " ...

Rencontre avec Camille Bannes, ancienne Bac S....

un beau parcours scolaire et de beaux souvenirs du Lycée...

Patricia Bally, professeur à Poisy, nous propose quelques nouvelles de Camille BANNES, qu'elle a rencontrée récemment.

Actuellement, Camille est "chargée d’études en environnement" au sein du bureau d’études SAGE ENVIRONNEMENT (Annecy-le-Vieux, Haute-Savoie).
Son travail consiste en la réalisation de dossiers règlementaires (80% de mon temps, beaucoup de bureau):
- étude d’impact,
- dossier de défrichement,
- dossier CNPN,
- dossier de DUP...
Elle participe également (20% de son temps, terrain exclusivement) à des suivis de vidange de barrage EDF, à des pêches électriques, à des missions de terrain diverses et variées…

Camille a effectué un BAC S, Option Biologie-Ecologie (spécialité Agronomie) et a obtenu son Bac avec Mention Bien en 2005.
Puis de 2005 à 2007, elle intègre une classe préparatoire scientifique BCPST, lycée Champollion, Grenoble (38), puis en 2007, l’école d’ingénieurs à l’ENSAT - Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Toulouse (31).
En 2009, elle effectue un semestre universitaire à l'étranger avec pour thème la conservation de la faune sauvage. Sa destination : Lincoln University- Christchurch, Nouvelle Zélande.
(Cours suivis : Advanced Ecology, Toxicology, Wildlife Biology, Environmental Planning).
En 2010, elle passe son diplôme d'ingénieur agronome, Spécialité Qualité de l'Environnement et Gestion des Ressources, à l'ENSAT, Toulouse.

Durant sa scolarité, Camille a pu réaliser des stages très enrichissants :
* 2008 : CEMEX Granulats (31), 200h, Diagnostic environnemental d’anciennes gravières, "Projet Tutoré"
. Etudes floristique et faunistique,
. Gestion de projet: GANTT, WBS,
. Apprentissage de la technique de pêche au filet.
* 2009 : Apollon74, Minzier (74), 10 semaines, Réalisation d'un protocole herpétologique dans le cadre de l'étude d'impact environnemental de l'A41:
. Gestion de projet, travail en collaboration avec LPO et FRAPNA,
. Apprentissage de la méthode des plaques pour la prospection de reptiles,
. Réalisation de supports d'animation et d'information.
* 2010 : SAGE Environnement, Annecy-le-Vieux (74), réalisation des études préalables au 2nd Contrat de Rivière du bassin versant du Garon:
. Gestion de projet environnemental, planification, proposition d'actions,
. Rédaction du rapport de synthèse à usage des acteurs du bassin versant et présentations orales,
. Campagnes de terrain : physico-chimie, IBGN, IOBS, IBD, pêche électrique...

Interrogée sur sa scolarité à Poisy, les raisons de son choix et ses souvenirs, Camille Bannes témoigne :
« Le lycée agricole de Poisy est une structure à taille humaine, où les élèves sont connus du corps enseignant et administratif et vice versa, et où les échanges sont possibles, voire encouragés, contrairement à de nombreuses structures de l’enseignement secondaire et supérieur.
La possibilité d'étudier l’écologie et l’agronomie en filière S m’a décidé et je ne l’ai pas du tout regretté.
Attention cependant, les cours d’écologie remplacent les cours de géologie, normalement proposés en filière S, et il est possible d’être dans un premier temps un peu perdu dans cette matière si on poursuit ses études. Mais ces lacunes ne sont pas insurmontables et sont, somme toute, vite comblées.
Le cadre paysager, l’enseignement proposé ainsi que la proximité d’un centre d’élevage et de formations post-bac tournés vers l’environnement et l’agronomie en général (IER, BTS) forment un ensemble cohérent. Ce qui invite le lycéen intéressé par la nature, l’environnement ou l’agriculture à se diriger scolairement et à plus long terme professionnellement dans ces domaines. »


Légende photos ci-contre :
Etude des milieux rivulaires de la Basse Isère – Investigations de terrains réalisées en été 2011- Maître d’Ouvrage : EDF
Assistance au pilotage de l’étude : Professeur G. Blake
Validation scientifique : Pr. G. Blake, Pr. O. Manneville, Pr J. Girel
Il s’agissait d’étudier l’état des populations de roseaux sur la Basse Isère.

Petite discusion avec Romain Chanoine, BTS Aqua 2008...

et des projets à l'étranger...

Bonjour Romain,
Tu as contacté récemment le Service des Anciens Elèves de Poisy-Chavanod, pour nous parler de votre dernier Salon des Métiers et des Professionnels de l'Ecologie, qui s'est tenu à Montpellier en février 2012.
Très beau travail, ce salon, mais peux-tu te présenter rapidement à nos internautes?

Je suis Romain Chanoine, j’ai obtenu un BTS en aquaculture en 2008 à Poisy, après une seconde et un Bac STAE en aménagement du territoire.
J’ai donc passé 5 ans à Poisy, j’en garde un bon souvenir.

Pourquoi ce choix de l'Aquaculture ? et quel parcours ensuite ?
A l’époque j’étais passionné de poissons d’aquarium et je voulais travailler dans cette filière.
J’ai donc continué sur une Licence professionnelle en aquaculture continentale et aquariologie à Nancy, une bonne formation pour ceux qui veulent travailler dans le milieu des aquariums.
Dans le cadre de ma licence, je suis parti 6 mois au Bénin à CREDI-ONG, une association qui œuvre pour le développement de l’aquaculture à travers la création du RENAPIB (Réseau National des Aquaculteurs et Pisciculteurs du Bénin), la formation et la recherche appliquée pour l’alimentation des poissons avec des sous produits agricoles locaux.
Ils travaillent également pour la protection de l’environnement à travers la création d’une réserve naturelle communautaire de 1000 ha dans le sud du pays. La Vallée du Sitatunga.
J’étais chargé de faire les plans d’un musée vert d’écotourisme et de mettre en place des aquariums pour présenter les espèces locales.

Et après cette licence, un autre pays à l'horizon? ou une autre formation?
Après la licence je suis parti 3 mois en Australie pour améliorer mon anglais. Puis j’ai travaillé pendant 6 mois comme vendeur en animalerie.

Pourquoi n'es-tu pas resté dans le secteur de l'animalerie?
J’ai pratiquement arrêté, en effet, l’aquariophilie depuis.
Je suis toujours passionné par les poissons d’eau douce et j’ai eu la chance, depuis, d’aller plusieurs fois prospecter des rivières africaines.
Par contre les aquariums et surtout la filière commerciale de l’aquariophilie, qui a un impact non négligeable pour l’environnement et qui est parfaitement irrespectueuse des animaux qu’elle prétend héberger, ne correspond pas du tout à mes convictions.
J’étais déjà conscient de cette réalité avant de travailler en animalerie et je considérais cet emploi comme un premier emploi avant de trouver un poste si possible à l’étranger.
Mais je ne trouvais pas d’autre travail qui m’intéressait et ne voulant pas continuer dans ce milieu, j’ai donc repris les études.

Et que fais-tu donc maintenant ?
Je suis sur un Master pro, plus précisément en deuxième année de Master BAEMT (Bioressources Aquatiques en Environnement Méditerranéen et Tropical) à Montpellier.
C’est un master sur l’écologie des milieux aquatiques avec des options en aquaculture.
Cet été je suis repartis 4 mois et demi en stage à CREDI-ONG au Bénin où j’ai fais un inventaire des poissons de la réserve naturelle.

Et cette année, où feras-tu ton stage? en France?
Non, cette année je vais faire mon stage à Madagascar pendant 6 mois avec l’APDRA, une association française qui œuvre pour le développement de l’aquaculture paysanne en Afrique.

L'Afrique a l'air de beaucoup t'attirer... en feras-tu le lieu de tes prochains projets professionnels?
En effet, après mon master j’aimerais bien continuer dans cette voie et travailler dans des projets d’aquaculture vivrière ou de gestion des milieux aquatiques en Afrique.
Au moins pour quelques années...

Très beau projet et nous y revendrons dans une prochaine discussion, si tu le veux bien?

Si vous avez d’autres questions n’hésitez pas... mon mail est en lien ci-dessous.
Amicalement
Romain

Merci beaucoup Romain... et à très bientôt!
Olivier

 

Joël - Agriculteur et Conseiller Général de la Haute-Savoie

INTERVIEW D'ANCIEN ELEVE- BTAG 1989

Joël BAUD-GRASSET, sorti du Lycée de Poisy en 1989, est Agriculteur à Bogève (74), marié et père de trois enfants.
Il est Conseiller Général de la Haute-Savoie (Canton de Boêge), élu au Conseil Général depuis 2001.

Bonjour Joël! Quelles sont vos fonctions et attributions, aujourd'hui au Conseil Général de la Haute-Savoie ?
Je suis Président de la Commission Culture et Patrimoine depuis 2004.
En tant que représentant d’un canton rural, en périphérie d’un grand centre urbain, la couronne Annemassienne, je pense qu’il est important de diffuser la culture et également valoriser notre patrimoine.
Je suis également membre de la Commission Développement Rural, Eau, Environnement 

Vous avez débuté votre carrière politique assez tôt ? Pourquoi ce choix ?
J’ai eu la chance de côtoyer Raymond BOUVIER, Maire de ma commune de 1959 à 2001, Vice-Président du Conseil Général et Sénateur de 1977 à 1995.
Ma Mère a été Conseillère Municipale de 1977 à 1989, première femme élue à BOGEVE.
Donc j’ai compris très vite ce que représentait la prise de responsabilités et donner du temps pour la Collectivité.

Comment organisez-vous votre vie professionnelle et politique ?
Jusqu’en 2007, j’étais associé en GAEC avec ma Mère en production laitière à reblochons et avec mon indemnité d’élu, j’avais embauché un salarié.
Un jeune a essayé de s’associer avec moi, mais suite au décès de ma Mère, la vie sociale sur la ferme a beaucoup changé et mes absences récurrentes n’ont pas facilité le suivi de l’exploitation.
J’ai donc décidé de simplifier l’activité agricole, pour un élevage de génisses et production de foin.
Cette décision a été très dure mais ma structure d’exploitation ne me permettait pas de continuer seul.

La responsabilité de Conseiller Général est très prenante, si l’on s’implique, car même si nous sommes élus sur un canton, nous sommes également élus pour le Département.

Quelles sont vos actions en faveur du monde agricole que vous connaissez bien ?
Je veille sur l’action du Conseil Général envers le monde agricole, mais je laisse à mon collègue François MOGENET, Conseiller Général du canton de SAMOENS, très compétent, le suivi du dossier agricole.

Quelles sont vos actions économiques et culturelles pour votre canton de Boëge ? 
J’ai été élu en 2001 et j’ai immédiatement travaillé avec Denis BOUCHET, Conseiller Général du canton du BIOT, pour bâtir une politique montagne dans le département de la Haute-Savoie.
Notre objectif était de soutenir les stations de moyennes montagnes qui connaissaient, du fait du manque de neige, les fluctuations de chiffres d’affaires.
Nous avons donc mobilisé la taxe sur les remontées mécaniques afin de financer des travaux de restructuration de ces domaines skiables (profilage de pistes, neige artificielle).
Dans mon canton, nous avons pu signer quatre contrats d’objectif avec la station des Brasses pour le secteur alpin et pour le secteur nordique, et avec la station des Habères, pour le domaine alpin et le foyer de ski de fond d’Habère-Poche.
J’ai pu trouver un certain nombre de financement pour aider des festivals (rock, musique traditionnelle…).
J’ai également mobilisé un financement pour la rédaction d’une plaquette (la Vallée Verte, des hommes, une terre) distribuée dans tous les foyers résidents du canton.

Quels sont vos souvenirs de vos 3 "années lycée" à Poisy ?
Mon arrivée à POISY a été un bouleversement psychologique. 
J’ai découvert l’internat et l’éloignement familial, ce qui était très dur.
Heureusement, la dimension familiale du Lycée et l’accueil par les premières et les terminales a favorisé mon épanouissement. 
La forte personnalité de Laurent VIGUIER, responsable de l’internat, m’a beaucoup aidé à me construire. 
La rigueur et la crainte étaient nécessaires pour m’aider à passer ce cap de l’éloignement familial et la construction de ma personnalité.

Avez-vous gardé des contacts avec des camarades de classe ou d'internat de cette époque ?
J’ai gardé des contacts avec des collègues bien souvent agriculteurs. 
Certainement parce que nous partagions les mêmes « valeurs » et surtout la simplicité de nos rapports. « Les autres » avaient souvent des situations familiales différentes parcequ’ils étaient issus de CSP (catégorie socio professionnelle) autres.
Cependant, ceci m’a permis d’analyser ces jeunes sans les jalouser forcément.

En conclusion, que vous a appris votre passage à Poisy ?

Nous ne sommes pas issus d’une marque de fabrique mais quand même, il nous vient souvent à l’esprit ces profs ou ces animateurs qui on fait que POISY est singulier.
J’étais venu pour acquérir de la technique agricole et j’ai eu les bases pour pratiquer le métier le plus passionnant du monde… et devenir acteur de mon territoire.

Joël BAUD-GRASSET,  merci de nous avoir accordé un instant, et rendez-vous lors d'une prochaine manifestation du Lycée, que vous ne manquerez pas, nous l'espérons, d'honorer de votre visite.
La rédaction web de www.depuis1953.fr 
Printemps 2011

Anthony admis en 3ème année à l'ESITPA après un BTS ACSE...

et 5 années de scolarité à Poisy...

Anthony GRANGER ne se serait jamais imaginé dans une école d’ingénieurs…
En 2ème année de BTS, un ancien du Lycée Agricole de Poisy-Chavanod, vient présenter l’Esitpa : début de réflexion pour lui… «Je n’ai jamais été premier de classe, en revanche j’ai toujours eu de bons dossiers.»
Il a tenté sa chance… Il a réussi !
Pour ce Savoyard très attaché à sa région, quel challenge ! «Annecy et Rouen, ce n’est pas la porte à côté ! J’ai eu des coups de blues. Normal ! J’ai appris à me débrouiller.»
Avec 2 ans de recul, Anthony peut dire que cela se passe bien pour lui.
Au 1er semestre en 3ème année, il était classé 20ème sur une promo de 100. Et petite réussite personnelle : il est arrivé
1er dans le module Economie, Fiscalité, Droit et Filières…

Concernant la formation à l’Esitpa, Anthony est intarissable. «La formation est très pratique. Elle permet de comprendre d’un point de vue scientifique les pratiques agricoles et de porter un regard critique sur les informations des médias concernant
l’agriculture et l’agroalimentaire. »
Dans le cadre des cours de microbiologie, il a pu réaliser une analyse de reblochon ! Son cours préféré sans hésitation : «Le cours de Thierry Pouch* sur l’explication du pourquoi de la PAC*!»
Pour l’étudiant, ce qui compte à l’Esitpa, c’est l’ouverture et tout ce que l’on entreprend à côté des cours : les stages, les travaux de groupe, les initiatives personnelles largement encouragées dans la formation.
«On apprend à se débrouiller, à être autonome.»

Il est parti un mois à Madagascar réaliser un diagnostic de la filière gingembre dans le cadre de la Mission d’Etudes à l’Etranger.  Cette année, il a organisé une conférence dans le cadre du cycle « Graines de sens » sur le thème : «Se nourrir, à quel prix?».
Une initiative personnelle qu’il juge à la fois très enrichissante et gratifiante.


Pour la suite l’élève ingénieur ne manque pas de projets. Il a décroché par candidature spontanée un stage au Ministère de l’agriculture à Paris pour travailler sur un thème qui lui est cher : dynamiser la politique d’aides à l’installation des Jeunes Agriculteurs.
En 5ème année, il compte choisir parmi les domaines d’approfondissement proposés à l’Esitpa, celui de Gestion des entreprises et entreprenariat.
Pour le projet ingénieur de 26 semaines en 5ème année, il irait bien à FranceAgriMer, organisme d’échanges et d’arbitrages des filières agricoles françaises.
La formation à l’Esitpa, Anthony en est très satisfait. Elle lui a apporté une ouverture à 180°.

Il apprécie de témoigner que la formation d’ingénieur après un BTS, c’est possible. Il insiste même : « Souvent, on n’y pense pas. Pire, on pense que ce n’est pas possible. »
Et pour conclure cette fois : « L’agriculture, ce n’est plus un métier ringard. C’est un secteur très dynamique, qui fait preuve de
beaucoup d’innovation. L’atout de la formation d’ingénieur, c’est vraiment l’emploi. »

Propos recueillis par Charlotte BONNET - ESITPA

* Thierry Pouch est spécialiste des problématiques d’Economies et politiques agricoles à l’APCA (Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture).
* PAC : Politique Agricole Commune

NOTA : Anthony GRANGER, d’Annecy le Vieux, a passé 5 annnées à Poisy (seconde générale au lycée et première et terminale STAV et deux années en BTSA ACSE. Il finit sa quatrième année d’école d’ingénieur (entrée directe en 3ème année).

Cet article est extrait de la dernière newsletter de l'ESITPA, école d’ingénieur en agriculture située à Rouen.
6 anciens élèves de Poisy y poursuivent leurs études (5 ACSE et 1 AQUA).
Juin 2011

Bruno... Directeur d'exploitation agricole à Madagascar

Ancien élève et ancien surveillant de Poisy... expatrié depuis 26 ans...

Bonjour Bruno, merci de nous accorder un moment.
Peux-tu te présenter à nos internautes ?

Je m’appelle Bruno Dunoyer, j’ai 48 ans, je suis marié et père de 2 enfants de 15 et 11 ans.
Je suis originaire d’Ugine en Savoie.
J’habite Madagascar depuis 1995 et j'ai fait toute ma carrière à l’expatriation.

Tu as donc quitté Poisy en 1981-1982; quel a été ton parcours ensuite ?
Après mon BTAG, je suis parti une année en Angleterre pour me perfectionner en Anglais en faisant pas mal de petits boulots dans des pubs puis dans une ferme de polyculture élevage.
A mon retour j’ai fait un BTS TRADICOPA par correspondance au CERCA D’Angers.
Puis, je suis revenu à Poisy comme surveillant d’internat pendant 2 ans de 1983 à 1985.
Ensuite je suis parti en Afrique en 1985 avec une ONG (AFVP, Association Française des Volontaires du Progrès), comme volontaire du service national.
J’ai effectué 2 ans de contrat volontaire au nord du Burkina faso sur un projet de périmètres maraichers.
Cette ONG m’a proposé par la suite d’intégrer l’équipe de permanents et j’ai donc, pendant 4 ans supplémentaires, travaillé sur des projets de développement agricole (coopératives, agriculture villageoise) au Cameroun et au Congo.

Durant cette période « Africaine » et bien j’ai eu l’occasion de pas mal voyager en moto; qui est le moyen de locomotion idéal pour se déplacer dans ces pays et à deux reprises, entre 1989 et 1992, j’ai traversé l’Afrique depuis mon poste d’affectation jusqu’en Savoie: plusieurs milliers de kms à chaque fois avec des souvenirs inoubliables.

En 1992 j’ai quitté l’AFVP avec l’idée de continuer ma carrière à l’étranger.
Je suis revenu au Cameroun pour participer à la mise en place d’une conserverie de légumes surgelés destinés au marché de l’exportation avec comme partenaire le groupe Bonduel. L’idée était de mettre en place un réseau de petits planteurs dans la région ouest du Cameroun qui produirait des légumes (haricots verts, asperges…) pour une unité de transformation-surgelation.
J’ai, pendant 2 ans, participé au développement de ce projet agricole puis, par chance et relation, on m’a proposé de faire la même chose à Madagascar pour un investisseur privé.
J’ai donc intégré mon nouveau poste en 1995 et j'ai travaillé pour cette société jusqu’en 2001.

Toujours par relation en 2002, on m’a proposé de reprendre la Direction d’une plantation de cacao et plantes à parfum dans le nord de Madagascar. appartenant à un groupe Français à l’époque (le Groupe Charabot, parfumeur de Grasse)
Ce nouveau challenge m’a de suite intéressé car j’avais, depuis longtemps, envie de vivre une expérience en plantation conséquente.
Cela fait maintenant 9 ans que je suis sur ce poste.

Où es-tu installé actuellement ? Souhaites-tu y rester ou rentrer un jour en France ?
J’habite le nord de Madagascar sur la côte ouest et je n’ai pas vraiment l’intention de rentrer en France. Je n’ai jamais travaillé en France sauf pendant mes 2 ans comme surveillant à Poisy. Ce n’est pas facile après toutes ces années (26 ans) de revenir en France travailler.
Je rentre en vacances en France régulièrement et cela me suffit.
Je me plais à Madagascar et espère continuer et terminer ma carrière ici.

Ta formation à Poisy t’a-t-elle préparé à cette expatriation ?
Ma formation à Poisy, m’a fait comprendre qu’il serait difficile pour moi d’avoir ma propre exploitation agricole, car n’étant pas du milieu agricole. Cela m’a permis de mûrir mon projet de départ en Afrique.
Tout ce que j’ai appris à Poisy m’a bien entendu servi pour trouver un poste à l’étranger, mais je serai parti même sans être passé à Poisy.

A-t-il été facile de s’adapter à la vie Malgache ?
Avec mon expérience avant Madagascar et bien je n’ai pas eu de mal à m’adapter, même si les Malgaches sont très différents des Africains.
Le choc des cultures, et bien, je l’ai eu plutôt lors de mon premier séjour en Afrique, au Burkina faso. Mais à 23 ans, on s’adapte facilement et on est capable de tout accepter, condition de vie, éloignement, contrairement à maintenant quand l’on à une famille et des enfants à scolariser.
Par exemple mes enfants sont en pension dans un lycée Français à Madagascar et nous ne les voyons que lors des vacances scolaires, c’est ça le plus difficile à accepter.

Quelle est ton activité professionnelle ? Que produisez-vous ? Pour quelles destinations ?
Je suis donc directeur d’exploitation sur une propriété de 1 350 hectares où nous produisons du cacao, des épices et des plantes à parfum, que nous distillons avec nos propres appareils.
Toutes ces productions sont destinées au marché de l’exportation, soit pour des chocolatiers et industriels chocolatiers, soit pour des grossistes (épices et huiles essentielles).

Ce sont des cultures intensives ? raisonnées ? bio ?
Nos cultures intensives sont :
- Le cacao sur 500 ha. Nous produisons environ 600 Tonnes de fèves fraiches par an.
- L’ylang ylang, le vetiver, le lemongrass, le palmarosa, le combava, le basilic, le patchouli…. Différentes plantes à parfum sur 600 ha pour des huiles essentielles produites dans notre distillerie.
- Des épices : baies roses, piment, poivre pour l’export
Toutes nos cultures sont bio Europe et USA et équitables pour les huiles essentielles et les épices.
Nous sommes certifiés par ECOCERT.
Nous produisons du compost et utilisons des résidus de distillation et les cendres de chaudière pour la fumure.

As-tu besoin de beaucoup de main d’œuvre ? Acceptes-tu les stagiaires ?
Nous sommes 500 permanents sur la propriété et parfois 300 saisonniers supplémentaires en fonction des travaux de plantation et récolte.
Tout est fait manuellement sauf les façons culturales : labours, disques
Nous avons donc un parc de tracteurs et des outils agricoles, mais c’est tout.
Je développe depuis quelques années la traction animale avec des zébus pour le transport et la production de fumier.
Je favorise une utilisation raisonnée de mes tracteurs et essaie le plus possible de protéger l’environnement : reboisement, recyclage des déchets….
Nous avons également, depuis 3 ans, débuté une activité touristique avec une chambre d’hôtes, car il y a une réelle demande d’écotourisme à Madagascar.
Nous recevons des familles ou groupes interessés de connaitre ces cultures tropicales et tout le travail que cela demande avant de pouvoir manger du chocolat ou se parfumer.
Je suis prêt à recevoir des stagiaires plutôt niveau BTS car un peu plus agés et donc plus autonomes.
J’ai déjà collaboré avec L’ISTOM pendant plusieurs années.

Quel est ton avis général sur l’agriculture malgache ?
L’agriculture Malgache est une agriculture de subsistance, il y a encore très peu de grandes cultures ou alors elles ont été abandonnées par faute d’investisseurs ou par manque de moyens de l’état.
Le potentiel agricole malgache est énorme, car c’est un grand pays avec des climats et des terroirs différents.
Il y a donc beaucoup à faire.

Le CNEAP (Centre National de l’Enseignement Agricole Privé), dont dépend le Lycée de Poisy, est engagé dans un grand programme de créations de collèges agricoles à Madagascar. (plus d’infos en cliquant ici)
As-tu déjà entendu parler de ce dossier ?
Je ne connais pas ce dossier.

Tant pis. Mais toi qui est directement en contact du monde agricole malgache, qu’en penses-tu ?
Je pense que cette initiative est très intèressante car on ne peut pas développer une agriculture rationnelle sans une formation adéquate.
Il manque de lycées agricoles à Madagascar et surtout dans les provinces pour former des techniciens de terrains.
Les seules bonnes écoles sont à la capitale et les élèves qui en sortent acceptent difficilement des postes en provinces. Ensuite il faudrait pouvoir favoriser l’installation des jeunes agriculteurs ou alors promouvoir les échanges d’expérience.

Pour terminer et revenir en France, quels sont tes souvenirs de tes "années lycée" à Poisy ?
De très bons souvenirs d’adolescence, des profs sympas et proches des élèves, des moments forts à l’internat et pour moi le déclic d’une carrière à l’étranger.
Je garde également un très bon souvenir de mes deux années en tant que surveillant d’internat.
J’avais quitté l’école seulement deux ans plus tôt en fin de terminale et, à mon retour, l’équipe pédagogique et d’internat m’ont accueilli comme une personne responsable en m’intégrant immédiatement.
Je n’avais que 21 ans.
Poisy à cette époque était déjà une grande famille !

As-tu gardé des contacts avec des camarades de classe ou d'internat de cette époque ?
Non malheureusement car l’éloignement n’arrange pas les choses, mais je serai tres heureux de pouvoir un jour participer à une rencontre d’anciens éleves suivant ma disponibilité.

En conclusion, que t’as « appris » ton passage à Poisy ?
L’autonomie, le partage et de bonnes bases en agriculture.

Merci Bruno ! Et à très bientôt...
Si tu passes prochainement par la France (en avion ou en moto!?), nos élèves du Lycée seraient vivement intéressés pour échanger avec toi sur tes 26 années d'expatriation et sur ta grande expérience de l'agriculture Malgache...
Bien amicalement à toi et ta famille,
Olivier PARIS

Mars 2011

Jean-Matthieu - Technicien Forestier

METIER PORTRAIT - BTS Technico-Commercial Forêt - 2009

Réaliser et suivre des plans de gestion de la forêt, la cartographier, marquer des coupes, c’est le métier qu’exerce Jean-Mathieu Gambu au sein de la Coopérative forestière de Rouen, à Vieux-Manoir en Seine-Maritime.

Au cours de son année de BTS Technico-commercial à Poisy et suite à l’envoi en mai 2009 de lettres de candidature spontanée sur l’ensemble de la région Normandie, Jean-Mathieu Gambu a reçu une offre pour un poste de technicien SIG (système d’information géographique) à la Coopérative forestière de Rouen:
« J’ai eu un entretien de recrutement avant même de passer mon examen et dès que je l’ai obtenu « j’ai été employé à la coopérative en CDD, transformé en CDI six mois plus tard. »
Ayant passé son enfance près Lyons-la-Forêt, au coeur de la forêt domaniale, Jean-Mathieu Gambu a toujours aimé la forêt, d’où son choix pour des études de gestion forestière : «Mes études, et surtout mon premier BTS en gestion forestière, m’ont permis de découvrir tous les métiers de la forêt : bûcherons, scieurs…
C’est finalement un milieu professionnel assez réduit où tout le monde se connaît».
Son second BTS Technico-commercial, en 1 an, lui a fait connaître les destinées du bois et métiers liés : transformateurs, menuisiers, charpentiers.
Cette même année, la licence d’aménagement préparée à Poisy lui a permis d’approfondir ses connaissances en cartographie. «Ma spécialisation en système d’information géographique à partir de photographies aériennes a tout de suite intéressé la coopérative», se souvient-il.
(.../... suite sur PDF joint)

En effet, Jean-Matthieu Gambu a été le sujet, en juin 2010, d'un très intéressant dossier, paru dans le magazine "PRESENCE", édité par le CNEAP (Conseil National de l'Enseignement Agricole Privé).
Vous pouvez découvrir l'intégralité de cet article grâce au fichier PDF joint ci-dessous...
et découvrir la palette complète des actions du CNEAP sur leur site web, accessible directement ci-dessous.
Juin 2010


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